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Forger des communautés, déclencher le changement

Forger des communautés, déclencher le changement

« Nous travaillons dans un environnement de plus en plus imprévisible, et des fois on peut se sentir comme si on se battait contre le vent. Mais nous continuons à déclencher un soutien proactif et global pour l’acquisition des droits humains des personnes LGBTQ en Afrique de l’ouest. » – Mariam Armisen, fondatrice du Queer African Youth Network

Parmi les personnes que l’on peut trouver au siège du Queer African Youth Network (QAYN) est une mécanicienne moto. Son chemin vers ce lieu sûr pour les personnes LGBTQ était difficile. Après avoir refusé de se marier jeune, elle a fui à Ouagadougou, la capitale de Burkina Faso. C’est là, sans famille ni soutien communautaire, qu’elle a été obligée de se créer une vie. Elle a commencé à réparer des motos – mode de transport populaire dans la ville – et de fil en aiguille a établi une carrière de mécanicienne. Mais ce n’était que quand QAYN a ouvert son siège, qui comprend bureau et centre communautaire, qu’elle a trouvé un endroit sûr où elle pouvait vraiment être elle-même, en tant que lesbienne.

Dans un contexte où la famille est au coeur de l’identité et l’homophobie est omniprésente, les personnes LGBTQ vivent dans une isolation grave. Le siège de QAYN est devenu le tout premier espace sûr à Burkina Faso – et l’un des seuls espaces dans toute la région – où les personnes LGBTQ peuvent vivre authentiquement et en sécurité, peuvent créer leurs familles choisies, et peuvent discuter de problèmes et de questions liés au genre et à la sexualité. Se réunir ainsi est une première étape essentielle dans la lutte pour les droits humains des personnes queer et trans à travers la région.

En 2010, Mariam Armisen a fondé QAYN pour le développement de la solidarité régionale en Afrique de l’ouest francophone et la propulsion du mouvement pour les droits LGBTQ. QAYN forge des liens entre des activistes queer et transgenres au niveau national et local, bien que qu’il soit difficile d’atteindre ceux qui habitent dans des régions rurales. « Les villages sont petits, et nos identités et expressions de genre peuvent être très visibles, » dit Mariam. « C’est difficile de fournir de l’aide sociale aux gens dans ces régions sans leur dévoiler l’homosexualité ou prendre des risques nous-mêmes. »

Malgré les difficultés, QAYN a déjà changé les règles du jeu pour le mouvement LGBTQ en Afrique de l’ouest francophone. Ce groupe féministe mené par une population queer est révolutionnaire dans une région ou les mouvements des droits des femmes et des personnes LGBTQ sont souvent coupés les uns des autres et où les problèmes spécifiques aux femmes queer sont souvent mis de côté au sein des deux mouvements. QAYN est également bilingue (anglais-français), et le simple fait d’avoir des leaders francophones crée des possibilités de transformation du terrain où il n’y a presque pas d’infrastructure pour l’organisation LGBTQ francophone.

En 2014 et 2015, QAYN a écrit cinq rapports sur les expériences des personnes LGBTQ en Afrique de l’ouest francophone, dont la schématisation des mouvements de justice sociale existantes et leurs perceptions des droits LGBTQ, ainsi qu’un projet sans précédent sur la complexité des pratiques et des orientations sexuelles des femmes dans quatre pays de l’Afrique de l’ouest. Lorsque l’on essaie à l’échelle internationale d’interpréter et de répondre aux sentiments homophobes en Afrique, QAYN demeure l’une des seules organisations menées par des personnes LGBTQ et basées en Afrique, documentant leurs propres réalités vécues et les partageant avec le monde.

Lors des deux dernières années, QAYN a travaillé avec des alliés pour stopper l’introduction de législation contre l’homosexualité au Burkina Faso, pour mobiliser des ressources pour le plaidoyer LGBTQ en Afrique de l’ouest, et pour consulter sur un processus d’établissement de fonds LGBTQ mené par des activistes de la région. C’est comme ceci que les mouvements s’établissent : action par action, lien par lien. Les femmes queer et leurs alliés sont en train de forger une Afrique de l’ouest francophone où elles – et toute la population -- peuvent vivre libérées de violence, libérées de criminalisation, et libres à mener des vies autodéterminées.

FAIRE AVANCER NOTRE MISSION

De nouveaux groupes émergeants en Afrique de l’ouest francophone menés par des activistes femmes trouvent du conseil, du soutien, et des liens vers des réseaux locaux et régionaux chez QAYN. Depuis 2012, nous avons fourni à QAYN un soutien général des opérations et un soutien de voyage qui ont contribué à augmenter la capacité de l’organisation et à soutenir son travail centré sur les communautés diverses. Les rares fonds vont directement aux organisations et aux activistes LGBTQ en Afrique de l’ouest francophone. Les rentrées de fonds existantes sont historiquement versées aux organisations fondées pour combattre aux problèmes liés au VIH/SIDA et donnent toujours la priorité aux hommes homosexuels au dépit des femmes queer et des personnes transgenre.

De plus, la tentative de la part de QAYN de s’enregistrer auprès du gouvernement comme organisation ouvertement LGBTQ en 2011 n’a toujours pas reçu de réponse officielle des autorités. Ceci limite l’accès aux pourvoyeurs de fonds conventionnels, dont les critères de subventions exigent souvent la régistration légale.

Et pourtant, QAYN poursuit son chemin, avec la conviction que l’organisation locale peut et se doit de persister. L’organisation forge des liens avec des donateurs et des pourvoyeurs de fonds ouverts à des modèles expérimentaux et alternatifs. Conforme à notre stratégie de l’Afrique de l’ouest francophone, QAYN établi un mouvement mené par des femmes, pour faire avancer les droits humains des femmes, des filles, et des personnes LGBTQ dans la région. Nous croyons que leur travail courageux et audacieux mérite des subventions courageuses et audacieuses.

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