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La pionnière

La pionnière

« Pour un Africain, sa communauté n’est pas son quartier ; c’est aussi sa famille choisie, l’endroit où il ressent une appartenance délibérée. Le QAYN aspire à devenir ce genre de communauté. »

Avant de fonder le Queer African Youth Network (QAYN), Mariam Armisen a travaillé dans l’industrie de la mode et la vente. Mais son envie d’un mouvement LGBTQ* plus accueillant l’a amenée à changer de chemin. En 2010, Mariam a fondé le QAYN pour le développement de la solidarité régionale en Afrique de l’ouest francophone et pour la propulsion du mouvement pour les droits LGBTQ.

« Femme burkinabé queer, je sais ce que c’est de lutter avec sa sexualité et son identité de genre, » dit Mariam. « J’ai senti qu’il manquait des voix d’Africains jeunes et queers, et je voulais que cela change. »

Mariam s’est rendue sur Facebook pour forger des liens avec des groupes LGBTQ émergents au Nigéria, au Ghana, et au Cameroun. La présence numérique du QAYN a très vite évolué en une présence sur le terrain au Togo, au Nigeria, au Burkina Faso, et au Cameroun.

La mission du QAYN est la promotion de la sécurité et du bien-être des Africains LGBTQ et de leurs alliés, mission qui est remplie par l’organisation communautaire, le renforcement du mouvement, le développement de leadership, la documentation, et le plaidoyer. C’est un centre où les Africains de l’ouest LGBTQ francophones peuvent trouver le soutien qu’il leur faut afin de mobiliser leurs communautés.

« Je voulais créer des espaces sécurisés où les jeunes Africains queers pouvaient se retrouver et se sentir bien, où ils pouvaient apprendre, se soutenir, et partager les uns avec les autres, » explique Mariam.

Mariam est fière du succès du QAYN en ce qui concerne le développement de la visibilité des vies complexes des femmes queers de cette région, mais elle avoue que le travail n’est pas sans difficulté :

« Nous travaillons dans un environnement qui ne cesse de devenir plus imprévisible, et parfois on a l’impression de lutter contre le vent. Mais nous continuons à déclencher du soutien global et proactif pour l’acquisition des droits humains des personnes LGBTQ en Afrique de l’ouest. »

Mariam vit entre Ouagadougou, Burkina Faso et Oakland, Californie, et elle gère les initiatives du QAYN avec le soutien d’une équipe de cinq à Ouagadougou et un petit comité de conseil à travers la diaspora africaine.

« Le QAYN a énormément grandi puisque les gens croient en notre vision, mais le réseau reste petit afin d’engager nos membres de façon à ce que l’impact soit durable. Quand je regarde le temps, l’énergie, et l’amour que les gens ont contribué au QAYN – et combien nous avons avancé en cinq ans seulement – je suis émue aux larmes. Notre succès montre ce qui est possible avec des ressources limitées mais une abondance de bénévoles enthousiastes. Nos communautés se sont proposées, et nous avons construit cette organisation ensemble. »

L’un des projets les plus connus du QAYN est Q-zine, un magazine numérique bilingue écrit par, pour, et sur les Africains LGBTQ. Q-zine célèbre la créativité et la richesse culturelle de la vie africaine queer –en Afrique et à travers la diaspora.

Mariam est inspirée par sa mère et sa grand-mère, femmes qu’elle décrit comme : « des Africaines qui n’étaient jamais satisfaites que l’on leur fixe des attributs. » Ces femmes audacieuses ont encouragé Mariam à agir sur ses propres termes – sur le plan personnel et professionnel – ce qui lui a donné le courage de fonder le QAYN.

« Je rêve à ce que le QAYN soit à la première ligne d’un mouvement intersectionnel pour la justice sociale en Afrique de l’ouest, mené par la communauté.”

* LGBTQ est l’acronyme employé par QAYN, tandis que FJS emploie LGBTQI.